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La sale guerre
le 8 avril 2004


Lors du témoignage de Charles Guité devant le comité parlementaire sur les comptes publics, le directeur général du programme des commandites a avoué qu'il avait, de sa propre initiative, contourné toutes les règles de bonne gouvernance des fonds publics. Le motif ? Le gouvernement était « en guerre » contre les séparatistes du Québec et cela justifiait toutes les malversations. Bien sûr, il n'est jamais venu à l'esprit de ce vaillant chevalier de la cause fédéraliste, sûr de la supériorité morale de sa cause, qu'il enfreignait toutes les règles de la démocratie et bafouait avec mépris la loi québécoise sur les consultations publiques. Pierre Trudeau n'a-t-il pas déjà affirmé que le projet de séparation du Québec était « un crime contre l'humanité » ?. Sur un simple appel téléphonique il a acheté, pour plus de 8 millions de dollars, toutes les affiches publicitaires du Québec pour y faire inscrire sa propagande, alors que la limite des dépenses permises pour la campagne référendaire des comités du OUI et du NON était d'un peu plus de 5 millions de dollars chacun. Et ce n'est là que l'une de ses opérations de « guerre ». Comme la cour suprême du Canada l'a rappelé, le projet d'indépendance du Québec est légitime. Il est porté par un mouvement démocratique et non-violent. Par conséquent, comment peut-il justifier le non-respect des règles et les exactions à répétition pour faire la promotion de son option politique ? Comme il fallait s'y attendre, aucun député libéral à Ottawa ne s'est levé pour défendre la démocratie québécoise. Au contraire on juge, comme l'a candidement rappelé le ministre Cauchon, que le programme des commandes était "un bon programme". À la lumière du témoignage de M. Guité, le PQ et l'ADQ on déposé une motion à l'Assemblée nationale demandant que le directeur général des élections du Québec enquête sur les dépenses fédérales engagées au cours de la campagne référendaire de 1995. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait battre la motion. Comme toujours, lorsqu'il s’agit de défendre les intérêts supérieurs du Québec et la démocratie québécoise M. Charest brille par son absence. Il faut dire que M. Charest, par sa participation active lors du love-in de 1995 à Montréal, s'était rendu complice des crimes de lèse-démocratie du gouvernement fédéral. Devant tant de tiédeur à défendre le Québec, il n'est pas étonnant qu'il soit le mal-aimé des Québécois, qui sont de plus en plus nombreux à se demander comment notre état a pu tomber entre d'aussi mauvaises mains.
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