Le 22 octobre 2005 au Musée de la Civilisation à Gatineau, avait lieu le Dîner annuel de la tribune de la presse. À cette occasion, la nouvelle vice-reine du Canada, Michaëlle Jean, s'est donnée publiquement en spectable. D'un goût pour le moins douteux, sa présentation était une belle illustration de la décadence d'une institution monarchique dont elle est la nouvelle titulaire : arrogance, suffisance, mépris envers les «autres», moquerie envers d'anciennes collèges journalistes, rien n'y manquait. À vous d'en juger en visionnant les «meilleurs moments» de la vidéo de l'événement en cliquant sur l'image ci-dessous:
La gouverneure générale Michaëlle Jean règle ses comptes avec ses détracteurs
PAR MARTIN OUELLET
Presse Canadienne - 31 octobre 2005
QUEBEC (PC) - "Ce soir, les autres, on s'en fout! Je vais faire une folle de moi!"
Venant de la gouverneure générale du Canada, une telle introduction a de quoi surprendre, mais c'est bien avec ces mots que Michaëlle Jean, annonçait, le 22 octobre dernier, son intention de régler une fois pour toute ses comptes avec ceux qui ont critiqué sa nomination ou mis en doute sa loyauté au Canada.
"Je n'ai pas été nommée gouverneure générale parce que je suis une femme, ou parce que je suis immigrante ou parce que je suis Noire. Non. Mais parce que je suis 'hot"', a lancé Mme Jean, dans son allocution devant 600 invités triés sur le volet, dont le premier ministre Paul Martin, au Dîner annuel de la tribune de la presse, tenu au Musée de la civilisation à Gatineau.
Sur un ton badin, la gouverneure générale a tenté de river le clou à ceux qui doutent de son allégeance fédéraliste.
Suis-je séparatiste? Non! Ai-je déjà été séparatiste? Bien sûr. Je me suis séparée de la CBC pour devenir GG (gouverneure générale)", a-t-elle dit, se méritant des applaudissement nourris dans la salle.
A un moment, Mme Jean s'est mise à chanter le premier couplet de la chanson "Ne me quitte pas" de Jacques Brel, en guise de réponse aux commentateurs qui lui disent "ta gueule, conne" lorsqu'elle prétend vouloir mettre fin aux "deux solitudes".
Toujours sur le ton de l'ironie, la nouvelle gouverneure générale a dit que ses modèles étaient "l'incomparable" Lysianne Gagnon, "l'inimitable" Nathalie Petrowski et "la grande, la très grande" Denise Bombardier, trois commentatrices qui ont critiqué sa nomination l'été dernier.
"Denise, je réchauffe le trône", a-t-elle tenu à répliquer à Mme Bombardier.
Au cours de son allocution, Mme Jean s'est aussi ouvertement moquée des déboires du candidat à la direction du Parti québécois André Boisclair dont le penchant passé pour la cocaïne a été étalé dans les journaux.
Les invités à Rideau Hall feront bonne chère, a promis la gouverneure générale. Il y aura du "bon vin de l'Okanagan ou du fois gras du Québec". Mais sinon, "ce sera des sandwichs et du coke."
Et si André Boisclair est invité, "it will be coke, for sure!", a-t-elle blagué.
"On sait qu'André (Boisclair) suit toujours "la ligne" de son parti", a badiné Mme Jean, faisant crouler la salle de rire.
Un peu plus tôt dans la soirée, la gouverneure générale avait aussi fait un clin d'oeil à la communauté homosexuelle en promettant de porter avec honneur sa couronne royale à l'occasion du prochain défilé de la fierté gaie, à Montréal.