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L'assimilateur
le 20 avril 2004

Jean Charest n'a jamais caché son admiration pour les politiques économiques de l'Ontario et des États-Unis. Par comparaison avec ces deux « modèles », le Québec fait figure à ses yeux d'intolérable anomalie. Il n'a de cesse de répéter que nous sommes sur la mauvaise voie, que nous courons à la catastrophe, bref que le modèle québécois est une hérésie économique et sociale. Au lieu d'être l'inspirateur du peuple québécois, il est un véritable éteignoir pour nos aspirations légitimes à construire une société différente. Rien n'échappe à son projet de déconstruction : coupure dans les CPE, dans la SGF, dans Télé-Québec, dans la francisation des immigrants, dans l'éducation, dans l'environnement, dans les relations internationales,  etc...  Pour s'assurer de bien gommer notre spécificité nord-américaine dans le monde du travail, il déclare la guerre aux syndicats et aux conditions de travail de leurs membres. Bref, l'homo quebecus doit se métamorphoser en homo americanus au plus vite. Bien sûr, les Québécois, dans leur écrasante majorité, ne sont pas dupes du plan assimilateur de Jean Charest et lui oppose une résistance qui nous ramène quarante années en arrière alors que les Québécois manifestaient bruyamment leur droit à la différence en Amérique du Nord. Frustré du naufrage de son grand rêve de devenir premier ministre du Canada, M. Charest se comporte comme un premier ministre canadien au Québec. C'est une greffe qui ne prend pas et qui explique le violent rejet que la société québécoise exprime un peu plus chaque jour. L'élection de Jean Charest comme premier ministre a été une grave erreur. De plus en plus de Québécois s'en rendent compte. La solution réside peut-être à forcer sa démission avant la fin de son mandat, car non seulement il est indigne de diriger le Québec, mais il est également indigne de diriger le Parti libéral du Québec.
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