Le démembreur
Le 22 juin 2004
Depuis un peu plus d'un an, Jean Charest nous a montré, de toutes les façons possibles, qu'il est indigne de diriger le Québec. Tant qu'il se contentait de renier ses promesses et d'être le maître d'œuvre de politiques douteuses, les Québécois pouvaient prendre leur mal en patience et espérer qu'un minimum de dommage ne fût infligé à l'État québécois. Malheureusement, avec les désastreux référendums sur les défusions municipales, des cicatrices viennent d’apparaître un peu partout sur le territoire québécois. Des cicatrices sociales, économiques, et surtout linguistiques. Le saccage du tissus social est particulièrement douloureux à Montréal où son manque flagrant de leadership a permis aux anglophones de l'ouest de l'île de Montréal de se replier sur eux-même et d'envoyer un message de rejet aux communautés francophones et même allophones qui demeureront à Montréal. Ce démembrement de Montréal est d'une tristesse infinie et nous assure que les prochaines années seront marquées par des affrontements interminables au sein du nouveau conseil d'agglomération qui chapeaute la métropole. Agissant au nom de l'intérêt supérieur du Québec, le gouvernement précédent du Parti québécois, en réalisant le projet « d'une île, une ville » a pris la décision qui s'imposait et en a payé le prix politique. Mais au moins, c'était fait pour le plus grand bien du Québec. Maintenant, tout est à refaire. Pour l'heure, la colère de bien des Québécois, et en particulier, des francophones de Montréal, risque de s'exprimer aux urnes. À titre d'artisan de cet incroyable gâchis, Jean Charest vient de sceller son sort. Il n'aura qu'un seul mandat comme premier ministre. Mais peut-être que ces référendums auront également un impact sur le seul qui compte vraiment et qui viendra tôt ou tard : celui sur la souveraineté du Québec. On se souviendra que les anglo-québécois de Montréal ont rejeté un projet de société généreux pour se réfugier dans leurs ghettos du West Island. Qui pourra croire en leur sincérité lorsqu’ils invoqueront les avantages d'un grand Canada uni ?