Archives

La grande imposture
Le 9 février 2004

Le nouveau premier ministre du Canada, Paul Martin, doit être drôlement inquiet de perdre des sièges en Ontario pour faire reposer le leadership de la prochaine campagne électorale au Québec sur l'un des fondateurs du Bloc québécois (BQ), Jean Lapierre. Quand à ce dernier, sa soif du pouvoir est si grande, qu'elle lui fait oublier pourquoi il avait quitté les rangs du Parti Libéral du Canada (PLC). Non seulement les conditions de l'après-Meech existent toujours, mais elles se sont grandement dégradées d'un point de vue québécois. Comme beaucoup avant lui, M. Lapierre invite les Québécois à tourner le dos au BQ, qu'il qualifie de parti « passé date », afin de s'emparer « du vrai pouvoir », c'est-à-dire celui qu'incarnerait à ses yeux le PLC. Cette rengaine du « vrai pouvoir » on la connaît, et même, on y a goûté souvent. L'âge d'or de ce « vrai pouvoir » a été marqué par le rapatriement unilatéral de la Constitution alors que les Libéraux avaient fait élire 74 députés sur 75 au Québec. Et plus récemment, on y a eu droit avec la Loi sur la clarté référendaire de l'ineffable Stéphane Dion, et l'union sociale décriée par l'Assemblée nationale. Et que dire de la volonté de P. Martin d'en appeler de la décision de la Cour d'appel du Québec qui condamne l'utilisation des surplus de la caisse d'assurance-emploi pour imposer des programmes sociaux dans les champs de compétence du Québec ? Voilà donc la signification du « vrai pouvoir » pour les Québécois ? Non, vraiment, cette imposture éculée doit cesser. Il est infiniment mieux d'élire des députés du BQ qui auront les intérêts du Québec à cœur et représenteront ce que nous sommes vraiment, plutôt que des moutons serviles à la solde d'une vision du Canada qui n'est pas la nôtre.
Souveraineté
Textes et paroles
Histoire
Site