Bon nombre d'observateurs politiques québécois ne suivent que de loin les écrits des journalistes canadiens anglais, parce que ces derniers sont trop souvent haineux à l'égard des souverainistes ou tout simplement francophobes. L'intolérance est devenue la norme. Peter Scowen comprend le Québec, fait preuve d'une sensibilité particulière à l'égard des francophones et est perçu comme un traître par sa communauté. Il est l'exemple d'un nombre croissant de jeunes Anglo-Québécois, plus tolérants, plus ouverts et plus francophiles que leurs aînés. On assiste actuellement à une sorte de révolution tranquille chez ces jeunes.
Critique
Il est tellement rare de voir un anglophone du Québec adopter un point de vue critique et originale par rapport à la question nationale et aux grands débats qui secouent notre société, qu'on ne peut passer sous silence la publication de ce livre. Fils d'un ex-député anglophone de l'Assemblée nationale, Peter Scowen est rédacteur en chef de la rubrique « Entertainment » du Toronto Star. Ce livre est un recueil éclectique qui aborde des sujets chauds pour lesquels la communauté anglo-québécoise nous a habitué à exprimer une seule vérité, et on peut raisonnablement soutenir qu'une grande partie de sa communauté liguistique le considère comme un sorte de traître. Pourtant, M. Scowen n'a rien du nationaliste à la sauce SSJB, et il se montre très critique à l'égard de la Loi 101 par exemple, la qualifiant de "l'une des loi les plus délibérément coercitives en Amérique du Nord", mais il dira du partitionnisme que c'est un "mouvement ethnique", et donnera raison à J. Parizeau qui accusait le gouvernement fédéral d'avoir accordé à toute vitesse la citoyenneté canadienne à quantité de nouveaux arrivants afin qu'ils puissent voter NON au référendum de 1995. Son livre s'ouvre sur une citation du philosophe Bertrand Russell qui résume bien l'esprit que l'on trouve tout au long de cet ouvrage: "The fact that an opinion has been widely held is no evidence whatever that it is not utterly absurd".